L'école de Gaétan Solo
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Comment gérer les "coloriages magiques" et les "mandalas" ?

   Le coloriage magique ou le mandala peuvent être utilisés de diverses façons :

_ pour réguler le rythme de travail des élèves (les plus rapides étant "récompensés" ou invités à effectuer un autre travail) ;

_ pour étayer l'acquisition d'une notion (les tables de multiplication, les formes géométriques, ...) ;

_ pour occuper les élèves le temps d'un court remplacement (d'une réunion par exemple). C'est cette dernière utilisation qui motive les remarques suivantes.

   Bien souvent, le choix de cette activité est un moyen d'éviter que le remplaçant interfère dans les activités de la classe (Et s'il contredisait la manière d'enseigner, s'il mettait en évidence une faiblesse, une erreur du professeur ? involontairement bien sûr...  Est-il vraiment capable d'enseigner telle notion ?  Va-t-il porter un jugement ? ...  )

    Les élèves ressentent d'autant plus l'aspect occupationnel de ce "travail" qu'à son retour dans la classe, l'enseignant jette souvent un œil distrait sur les feuilles montrées par certains élèves et dit de les ranger pour "les terminer à la maison". Il est rare de voir un mandala terminé ou affiché.

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    Cette solution qui paraît d'application simple soulève immanquablement des difficultés, surtout dans les classes "difficiles" (là où elle est pourtant privilégiée) :

_ les élèves n'ont plus (parfois après une semaine de classe) les couleurs demandées, ils les remplaceront par celles qui sont moins utilisées. Parfois, ils n'en ont aucune, le remplaçant, ignorant le mode de fonctionnement de la classe, ne pourra les dépanner. Demander aux élèves de se les prêter entraînera  (révèlera) des conflits.

_ Le but de ces activités est rarement explicité : est-ce une séance de découverte, un réinvestissement, une aide à la mémorisation ?

_ Comment la vérifier ? Le dessin final n'est pas toujours évident, la correction est pratiquement impossible et inutile car le coloriage a souvent fait disparaître le mot ou le calcul.

_ La démarche est complexe pour beaucoup d'élèves : trouver le résultat ou la réponse, les mémoriser, rechercher la couleur correspondante, choisir le feutre, puis retrouver la case à colorier. Ce qui fait que certains (beaucoup) se contentent d'imiter le travail d'un autre ou utilisent une calculatrice, plus ou moins ouvertement.

_ Dans ces classes "difficiles", une des principales raisons qui rend le travail de l'enseignant inopérant est le déficit en vocabulaire. Un manque difficilement perceptible pendant un court remplacement car il s'agit de mots supposés "de base" : un coq, une mésange, un losange, un rectangle, ...

_ Le coloriage magique, et encore plus le mandala, sont des travaux gigantesques pour certains élèves qui ne savent pas colorier ou ont des crayons avec des mines tendres, des feutres fins ou usagés, et même pour les adultes. Qui a déjà colorié entièrement un mandala ? Il y a parfois des dizaines de calculs à effectuer.

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    Il paraît pourtant difficile de refuser ce que propose l'enseignant. Alors, comment gérer cette activité ?

_ Prendre le temps de laisser les élèves s'exprimer sur la consigne et mettre en place une procédure de recherche commune : on tracera souvent des colonnes où les élèves viendront inscrire, après accord de la classe, les réponses adéquates. Il semble préférable de ne distribuer qu'ensuite les feuilles mais aussi de ne pas effacer le tableau quand il s'agit d'une phase de découverte (au cycle 2 particulièrement, il n'est pas si simple de trouver un mot ou un calcul dans une colonne). On ne peut demander aux élèves de mémoriser si vite.

_ L'idéal au cycle 3 est l'usage du dictionnaire pour une recherche lexicale, de la calculatrice pour une phase de mémorisation, ou, au cycle 2, de découverte.

_ Dire aux élèves de se mettre par deux et de ne colorier que s'ils sont d'accord.

_ Pour les nombreux élèves qui n'ont pas leur matériel, proposer d'écrire la lettre initiale de la couleur dans la zone correspondante.


_ Le mandala peut être l'occasion d'un travail méthodique : on colorie tous les losanges puis on compare.

De même pour les calculs, suggérer de colorier les zones similaires (mais la recherche est souvent complexe).

_ Ceux qui ont terminé les premiers peuvent demander à d'autres s'ils veulent être aidés (leur expliquer qu'il ne s'agit pas de donner les réponses).

_ Lorsque le remplaçant reviendra dans la classe, il devra éviter de demander si les coloriages ont été terminés. Cela risquerait de dévaloriser d'emblée certains élèves à qui ce travail n'a pas été présenté comme prioritaire.