L'école de Gaétan Solo                                                                                       gaetan.solo@orange.fr  
        

Que faire en CP/CE1 ?


             Finalement, il y a beaucoup d'activités communes au CP et au CE1. Ne pas oublier que c'est le même cycle
et qu'un nombre important de CE1 ne maîtrise pas la lecture en début d'année.

             Heureusement, la phase d'apprentissage global des mots disparaît, ça va permettre de se consacrer à des choses plus intéressantes et ne pas saturer inutilement les cerveaux des élèves.

               Une leçon de phonologie par semaine : découverte orale d'un son, recherche dans une série de mots, identification des graphèmes, écriture de ceux-ci, lecture et utillisation des mots contenant ce graphème, préparation de la dictée (mots au CP, courtes phrases au CE1) va guider le travail de la semaine en lecture pour le CP et en orthographe pour le CE1. Cependant ne pas tomber dans le travers de lecture de syllabes par association de sons : me et a, ça ne fait pas ma mais mea ou meua. Au fil des découvertes, la liste des syllabes va s'étoffer au CP, les dictées de syllabes vont devenir plus étoffées au CE1 (écrire pour lire). En orthographe, pour les deux cours, les exigences seront : mémoriser les mots correspondant à leur âge mais aussi écrire d'une manière phonétiquement correcte un nouveau mot.

               Pour les activités de découverte du monde, je ne vois comme différence que le plan de la classe au CP et celui de l'école au CE1. Pour les activités scientifiques : l'eau, l'air (style la main à la pâte simplifiée), l'électricité (montages avec des fils simples, des ampoules, des piles plates ou rondes), l'arbre généalogique, les premières frises chronologiques, la lecture de plans de la ville ou du village, les débats sur la vie de la classe, le suivi des évènements de la collectivité (organisation des élections, que fait le maire, présentation d'un métier...), les dents (grand sujet d'inquiétude à cet âge), la croissance (reconnaître une même personne ou un animal à des âges différents, Quel âge avait Charlemagne ?), l'observation des saisons par le suivi d'un jardin ou d'un arbre, l'étude du mode de vie de quelques animaux, des essais de classement des animaux, pour tout cela, je ne vois pas de différence entre les cours (sauf bien sûr pour la production d'écrits qui s'y rapporte, comme le compte-rendu d'expériences).

                 En mathématiques, il peut y avoir un point de départ commun chaque jour : litanie des nombres, compter de 2 en 2, de 5 en 5, calcul rapide, petit problème oral, usage de la calculette. Le tutorat est très efficace aussi, le CE1 (ou le CP) plus rapide peut aider (bien expliquer que ce n'est pas donner la réponse) un de ses condisciples en difficulté ou participer à la recherche de l'autre cours.

                  En bref, et à quelques années de profiter d'un repos tant mérité, je fuis les fiches dont l'intérêt est très aléatoire, je vais utiliser des fichiers parce que cours double (Max, Jules et leurs copains, nouvelle présentation allégée, Ermel) mais je préfère les mises en situation (sans prise de tête : pour moi, les fourmillions, c'est "Est-ce qu'il y a bien 1000 trombones dans la boîte ?" "Combien y a-t-il de cahiers ?"...). C'est frustrant car on a l'impression que certains n'avancent pas et finalement on se rend compte que c'est bien plus efficace que ces exercices où l'élève revient trois fois pour se faire aider ou ne vient pas pour cause de solidarité entre eux.

                   D'ailleurs le meilleur test est de demander à la fin d'une séquence "Qu'est-ce que nous venons de faire ? Qu'est-ce qu'on a appris ?" ou mieux "Qu'avons-nous fait aujourd'hui ?" et là, inutile d'enguirlander les bambins, c'est très révélateur à condition de ne pas s'en rendre malade. Celui qui fait cela (ou du moins l'a quelquefois réalisé) doit savoir qu'il est sur une meilleure voie que l'enseignant auto-satisfait d'avoir beaucoup fait et qui efface ses soupçons de remise en cause sous le classement définitif des élèves qui ne répondent pas à ses critères : ne veut rien faire, ses parents ne l'aident pas, peut mieux faire, et j'en passe.

                    Surtout ne pas se fier à ceux qui savent tout, qui ont tout essayé, qui sont sûr(e)s d'eux. Ils se trompent, ce n'est pas avec un tas de fiches qu'on éduque mais avec de la disponibilité, de l'écoute, de l'exigence raisonnée et de la tolérance. Une notion n'est jamais acquise définitivement, il n'y a que des enseignants pour croire cela.

                    Nous sommes à l'ère de l'efficacité, de la rationalité, mais ce n'est pas en schématisant, en stéréotypant que les élèves progresseront mieux. Je suis persuadé que ceux qui expriment leurs interrogations savent que la question n'est pas : Que vais-je faire pour justifier ma paye ? mais Comment aider les élèves à apprendre ? Quelles situations leur seront les plus profitables ?

                     Bon courage à tous.